15 juillet 2008
Ochugen
Le mois de juillet marque le
début de l'été au Japon mais c'est aussi le mois d'une grande tradition
japonaise : L’ochugen que l'on pourrait traduire par « cadeau de
milieu d'année ». L’ochugen a normalement lieu le 15 juillet mais
il s'étend plutôt sur tout le mois.
Au Japon, il existe deux
périodes par an où l'on offre des cadeaux de remerciement aux personnes envers
qui on a des obligations (ses
supérieurs, voisins...) ou qui ont aidé d'une manière ou d'une autre. On offre, en fait, un cadeau à toutes les personnes
à qui on est redevable.
Vu l'importance du travail dans la société japonaise, cette tradition devient
même une obligation. Les Japonais aiment beaucoup faire des cadeaux et ils
aiment bien montrer à leurs collègues et à leurs supérieurs qu'ils savent
offrir.
Normalement, cela reste des cadeaux « utiles », surtout dans le domaine
alimentaire: Huile, sauce de soja, nouilles, conserves variées, thé, café,
variétés de jambon, savon, etc. sont les cadeaux les plus fréquents. Mais tout
ça doit être mis dans une boite spéciale ochugen qui sont en vente dans
tous les magasins japonais, même dans le combinis.
23 décembre 2007
L’anniversaire du tenno
Le 23 décembre est le jour
de l’anniversaire du tenno, l’empereur du Japon. Le tenno actuel
s’appelle Akihito et règne depuis 1989. Son ère s’appelle Heisei (accomplissement de la paix).
C’est pourquoi, les Japonais disent aussi qu’on est dans l’année Heisei
19, au lieu de l’année 2007.
Bien
que le tenno n’aie plus de puissance depuis la fin de la deuxième guerre
mondiale, il a en effet été déchu au rang de représentant du Japon, les
Japonais l’honorent toujours et sont très fiers de leur « symbole du
Japon ». Ainsi, l’anniversaire du tenno est un jour férié.
A ce
jour-là, et uniquement à ce jour, ainsi qu’au 1 janvier, le palais du tenno
est ouvert au publique. C’est donc au 23 décembre que de nombreux Japonais se rendent dans
la cour du palais impérial de Tokyo pour souhaiter une longue vie à sa Majesté.
Dans la soirée, la télévision nationale retransmet une émission spéciale au
cours de laquelle Akihito adresse quelques mots à la nation.
29 août 2007
Les shinjinrui de Shibuya
Après les freeter et
les otaku, il reste encore les shinjinrui de Shibuya. J’ai déjà
parlé des shinjinrui, il y a peu quelques mois, mais voudrais bien
discuter de ce phénomène des shinjinrui un peu plus en détail.
Shibuya, c’est un quartier
moderne de Tokyo, un quartier multicolore, un quartier où se rencontrent
diverses personnes et activités, un quartier où plusieurs chemins de fer
passent, où des milliers et des milliers de passagers transitent tous les
jours. Businessmen, étudiants, jeunes et vieux, Japonais et étrangers
parcourent épaule contre épaule les rues de Shibuya, sous les énormes bâtiments
placardés de publicité et d’écrans où l’on peut voir sourire des acteurs et
chanteurs célèbres. C’est dans cette ambiance que l’on peut croiser en bas dans
la rue, des jeunes Japonais qui imitent le style de cheveux et de vêtements de
leurs idoles.
C’est aussi à Shibuya où
l’on rencontre de jeunes musiciens avec leurs styles de musique très variée,
parfois très étrange. Il semble que la devise de leur performance est :
« Plus c’est bizarre et étrange, mieux c’est. » Leur apparence
et leurs cheveux colorés leur donnent encore plus d’attraction. C’est en fait
leur but : attirer les gens et de marquer les esprits des spectateurs
grâce à cette apparence inhabituelle.
Puis, il y a les filles de
Shibuya avec leurs cheveux blonds, aux lunettes de soleil trop grandes, aux
chapeaux aventureux et des bottes aux pieds dont les semelles seules mesurent
déjà 30 cm en hauteur. D’autres se déguisent comme médecin, infirmière ou
encore sorcière, laissant supposer qu’elles sont en train de fêter le carnaval.
Et comme les musiciens, leur objectif est également d’attirer l’attention des
gens – surtout des photographes et des cameramen – et l’espérance qu’un chasseur
de tête pourrait les découvrir et les engager à la télé ou comme mannequine.
Ainsi, les filles de Shibuya essaient de se mettre en valeur à chaque coin,
dans chaque rue : « Pointez vos cameras et appareils photo sur
moi ! »
Les shinjinrui de
Shibuya représentent donc les jeunes japonais qui essaient de profiter le plus
possible de la richesse du pays dans laquelle ils sont nés. Pour eux, la
consommation et la célébrité sont les buts importants. Ils veulent se réjouir
de la vie, sans contrainte et en pleine liberté comme les otaku et les freeter.
Mais comme ces derniers, ils restent toujours passifs dans la société actuelle.
La plupart des shinjinrui de Shibuya travaillent normalement pendant la
semaine. C’est pendant le week-end uniquement, qu’ils échappent au monde réel
afin d’envahir les rues de Shibuya avec leurs nouveaux styles.
25 août 2007
Les otaku
Il y a quelques semaines,
j’ai parlé du phénomène du freeter, un type de jeunes Japonais qui fait
part des shinjinrui, de la nouvelle génération des Japonais.
Les otaku
représentent une autre part de cette nouvelle génération. Comme tous les shinjinrui,
les otaku aussi veulent échapper au monde traditionnel japonais en se
révoltant contre la société actuelle qui a été établi par la génération de
leurs parents et grands-parents. Ils s’opposent contre l’étiquette stricte du
travail et de la discipline. Mais différemment aux freeter, les otaku
ne restent pas passifs dans leur rébellion. Eux choisissent plutôt de quitter
complètement le monde réel afin de se construire leur propre monde, un monde
des jeux vidéo et des manga (bandes dessinées). Ils ne sont plus
disponibles pour leurs compatriotes, mais passent leurs journées devant leur
ordinateur ou la télé. Ils ne sont pas intéressés aux relations humaines et ne
font pas attention à leur apparence extérieur. Pour eux, ce n’est que la
nouvelle technologie qui compte et ils en connaissant chaque détail.
On dirait que les otaku
ont, contrairement aux freeter, trouvé un moyen de surmonter le
déchirement entre la tradition et la modernité. Ils ont trouvé leur identité.
Les freeter se trouvent quant-à-eux encore dans l’ancien monde où ils
sont rejetés par la société parce qu’ils n’ont jamais appris de métier. Ils
doivent se battre avec des jobs sales à mi-temps et lutter pour qu’ils soient
acceptés de nouveau par leurs proches et leurs amis. Les otaku, par contre,
s’en fichent du monde extérieur et des métiers que la société a à leur offrir.
Certains scientifiques
japonais croient que la génération des otaku pourrait être très valable
pour le développement ultérieur de la technologie grâce à leurs connaissances
détaillées en la matière. Il ne reste qu’à vérifier si les otaku
d’aujourd’hui seront prêts dans l’avenir à se réintégrer dans la société. Voici
donc peut-être le devoir des autres shinjinrui, ceux qui ne se sont pas
totalement coupés du monde : le devoir d’adapter la société aux besoins
actuels pour plus de liberté et moins de contrainte.
20 août 2007
La campagne cool biz « no tie, no jacket »
C’est août, le mois le plus
chaud au Japon. C’est le mois où l’humidité de l’air arrive à 90% et plus, et
où la climatisation dans les bâtiments tourne presque 24H/24 et 7J/7.
Afin de réduire les coûts de
climatisation et de contribuer à l’accord de Kyoto, qui était conclu en 1997 au
Japon, le gouvernement japonais a lancé en 2005 la campagne cool biz « no
tie, no jacket ».
Pendant les mois d’été, les
travailleurs sont encouragés à laisser leurs cravates et leurs vestes à la
maison et de travailler en chemise. En même temps, les entreprises sont obligés
de baisser la climatisation et de ne l’allumer que lorsque la température à
l’intérieur du bâtiment dépasse 28 degrés.
Je trouve que c’est une très
bonne idée, malheureusement, il semblait au début que la plupart des
travailleurs japonais ne voulaient pas se plier à cette nouvelle règle – ou
plutôt proposition – soit parce qu’ils étaient déjà tellement habitués de se
promener en cravate et en veste même par 35 degrés et plus, soit parce qu’ils
se sentaient « nu » sans les deux outils.
Cependant aujourd’hui, deux
ans après l’introduction de la campagne, de plus en plus de Japonais décident
de s’adapter à cette nouvelle tendance. Peut-être sont-ils encouragés par les
politiciens japonais qui se montrent publiquement en chemise, peut-être joue le
fait que cet été soit extrêmement chaud avec des températures de 40 degrés et
plus ?
Il y a seulement un aspect
négatif dans toute la campagne : Pourquoi est-elle obligée de finir chaque
année le 1 septembre ? Est-ce qu’il ne pourrait pas encore faire chaud
après cette date ? Et si oui, par conséquent les entreprises seraient
forcées de climatiser de nouveau les salles afin que leurs employés se sentent
bien à l’aise pendant la journée. Mais de cette façon, tout l’objectif de
contribuer à l’accord de Kyoto serait remis en question, voir bouleversé.
17 août 2007
Quand les pompiers viennent 388 fois…
Se sentant seul, un Japonais
de 58 ans a appelé 388 fois les pompiers en une année. Il paraît qu’il aime
bien les pompiers et donc, voulait qu’ils viennent pour lui tenir compagnie. En
appelant les pompiers, il semble qu’il avait pas mal de bonnes raisons
fictives : Une fois il a prétendu qu’il était en train de mettre plusieurs
litres de pétrole et d’huile en feu, causant dix motopompes, une ambulance et
35 sapeurs-pompiers de venir à sa maison.
Entre-temps, ce Japonais a
été arrêté par la police, mais il est vrai qu’au Japon, de plus en plus de gens
doivent lutter contre la solitude. Il ne s’agit pas seulement des vieux, mais
surtout des jeunes qui, ayant quitté la maison des parents, restent seuls dans
leurs appartements. A cause du travail qui les déborde et qui ne laisse presque
pas de temps au loisir, beaucoup de jeunes Japonais ne se marient plus. Ils ne
commencent une relation que très tard et bien après seulement de fonder une
famille.
Alors qu’autrefois les jeunes
travailleurs pouvaient trouver dans les entreprises des amis avec lesquels ils
sont sortis le soir, cette situation est aussi en train de changer. Comme un
peu partout, la pression au travail augmente avec la compétition sur le marché
mondial. Les travailleurs sont de plus en plus forcés de faire des heures
supplémentaires et de se déplacer tous les deux ou trois ans selon leur poste –
soit à l’étranger, soit à une autre région au Japon.
On ne peut finalement que
deviner le motif de cet homme pour avoir appelé les pompiers, mais il me semble
quand même très plausible que le Japonais a voulu simplement échapper un peu à
la réalité quotidienne et se faire plaisir. Par contre, en prison, il ne sera
probablement pas moins seul qu’à la maison…
15 août 2007
Les freeter
Je vous ai déjà parlé du
phénomène des shinjinrui, de la nouvelle génération au Japon, qui depuis
les années 70 essaient de rompre avec les vieilles traditions de la génération
des parents, des règles et disciplines strictes de la société.
Les freeter sont des
jeunes Japonais employées à temps partiel ou sans emploi comme les niito.
Ils peuvent aussi être décrits comme sous-employés ou travailleurs freelance. Le mot « freeter » se compose du mot anglais « free »
(libre) et du mot allemand « Arbeiter » (travailleur).
Contrairement aux niito,
qui en général faute d’études pendant trop longtemps et de séjours à
l’étranger, ces personnes ne commencent pas une carrière professionnelle après
le lycée ou l’université mais vivent généralement comme des parasites
célibataires chez leurs parents. Ils gagnent de l’argent en exerçant des
emplois demandant peu de compétences et mal payés, cette fois à l’image des niito.
Les freeter comme les
niito sont à la recherche d’une vie plus libre, avec plus de loisir et
plus de temps pour les amis et la famille. Mais dans un monde japonais où ce
n’est que le bon poste de travail et la vie en groupe qui comptent, les freeter
et les niito se trouvent rapidement rejetés, faute à leur vie
individuelle qui n’est pas encore acceptés dans la société actuelle.
Comme ils ne gagnent pas
assez d’argent, ils ne trouvent pas les moyens de sortir ou encore de fonder
une famille, mais doivent se laisser soutenir par leurs parents à la maison. Et
leurs anciens amis s’éloignent parce qu’ils ne veulent pas avoir affaire avec
des parasites qui se reposent sur les aquis des autres.
Les freeter
paraissent donc encore plus passifs dans leur volonté de changer la société que
les niito qui ont au moins essayé de se libérer en mettent le système
d’éducation en question ou en passant un certain temps à l’étranger.
10 juillet 2007
Femme vs poupée
Bienvenue dans le plus grand
pays du jouet, pour les enfants comme pour les hommes. Après Aibo, le chien
électronique, et le Tamagochi, le dernier cri du Japon sont les soi-disant
« poupées d’amour » - des remplaçants des femmes dans le ménage.
Au lieu de rencontrer des
femmes et de sortir avec elles ou encore de se marier, les hommes japonais ont
découvert ces poupées dont pas mal d’entre eux s’en servent déjà. L’avantage,
c’est qu’elles sont toujours là pour l’homme et toujours prêtes à faire ce que
l’homme veut. En plus, un autre grand avantage – au moins selon les
propriétaires - c’est le fait que les poupées ne râlent ni contredisent jamais–
un trait de caractère très important pour les Japonais.
Les poupées sont à la maison
quand le travailleur japonais rentre de la firme, elles écoutent, elles ne
laissent jamais seul l’homme. La femme idéale ? Peut-être. Par contre, les
poupées ne savent ni faire la cuisine, ni le ménage. Des améliorations sont
encore à apporter. Mais je suis sure que dans un certain temps, le marché
japonais aura aussi de telles poupées disponibles. C’est juste une question de
développement. Et puis, le nombre des mariages conclus au Japon va baisser
encore plus drastiquement, les naissances d’enfants par an vont encore
diminuer…
Les poupées sont à pourvoir
à partir de 600 euros, le modèle de luxe coûte environ 4000 euros et est livrée
avec 35 maillons mobiles – en tout cas, moins cher que 30 ou 40 ans de vie de
mariage avec une femme réelle…
29 mai 2007
...et encore un mort, cette
fois apparemment un ancien dirigeant d'un groupe public. On dit que la raison
du suicide est la même que du ministre de l'agriculture...
Seppuku
Le week-end dernier, le
ministre japonais de l’agriculture s’est suicidé. Apparemment, il s’était
embrouillé dans plusieurs scandales financiers et aurait du se prononcer devant
un comité d’investigation au début de cette semaine. Afin de ne pas être
démasqué comme menteur – il a toujours nié sa responsabilité – il ne lui
restait que le suicide.
Au Japon, le suicide moderne
dérive du seppuku, le suicide rituel des samouraïs. Chez nous, il est
plus connu sous le nom de harakiri. Le seppuku est apparu à
l’époque de Kamakura entre 1185 et 1333. C’est probablement pourquoi de nos jours, on
peut encore visiter beaucoup de grottes de seppuku dans cette ville.
La dernière manière d’assumer un grand échec au Japon, est le suicide, aussi
bien aujourd’hui qu’autrefois. Les
quatre raisons courantes de faire le seppuku étaient les
suivantes :
1. En cas de
défaite au combat, le samouraï préférait se tuer afin de prouver son courage et
souvent d’éviter la torture.
2. Les vassaux
du shogun se sont suicidés afin de montrer leur critique vis à vis du
gouvernement du shogun et à l’état du pays.
3. Le seppuku
permettait au samouraï et à son clan d’éviter la prison, l’exil et la honte
après l’arrestation par l’ennemi.
4. A la mort
d’un seigneur, les samouraïs prouvaient leur fidélité en suivant leur seigneur
dans la mort. C’est la seule raison qui ne faisait pas suite à un échec.
En période de guerre, il
valait mieux commettre le seppuku soi-même plutôt que de subir
l’humiliation, la torture, et pour prouver qu’on n'était pas un lâche.
De nos jours, les suicides
font plutôt suite à l’échec au travail ou à l’école, et contrairement à
autrefois où le suicide se faisait en public, il est commis en clandestinité.
Au Japon, il existe certains endroits qui sont connus comme lieux de seppuku,
notamment le Mt. Fuji, les corniches de Hokkaido ou encore les gares où les
suicidaires se jettent devant des trains arrivants.
La raison la plus profonde
du suicide est cependant restée la même : éviter la honte et le
déshonneur.


















